Fendre le silence, combler les vides
Écritures
Les écritures rassemblées ici n’attendent pas d’être parfaites : elles demandent d’être lues, discutées et poursuivies. Elles témoignent d’un travail en devenir, toujours calables, prêtes à repartir en résidence. Volatiles, elles se laissent saisir puis s’échapper, appartenant à quiconque souhaite s’en emparer. Chacun peut y transposer son regard artistique, ou les prolonger. Ces textes n’ont pas un seul propriétaire : ils se déplacent, se réinventent, et trouvent leur sens dans les multiples mains qui les accueillent.

Un Vélo Rouge
Après la SACD et le Théâtre de la Reine Blanche nouvelle lecture publique et ouverte, le lundi 8 juin 2026, au Théâtre Douze à Paris.
Parfois, je me demande comment font les autres, ceux qui ne jouent pas, pour échapper à la folie, à la mélancolie... .
Le tableau du maître flamand, Arturo Perez-Reverte.
L'action se situe dans un quartier en banlieue parisienne.
C'est le début de soirée, la nuit commence à tomber.
Une tempête de sable s'est abattue sur la ville et tout est recouvert de poussière.
Une jeune fille prépare une audition de théâtre dans laquelle elle jouera Médée.
Ce soir-là, elle rend visite à sa grand-mère qu'elle connait très peu.
Sur le chemin, la jeune fille s'égare.
Dans la brume épaisse d'un parc, elle s'arrête pour tenter d'identifier les lieux.
Sortant de nulle part, un vélo rouge passe.
Avec
Benoit Serre : Didascalies
Roxane Driay : La jeune fille
Olivier Hamel: Le Vélo Rouge
Cécile Fraisse-Bareille : La mère
Merci au Collectif à Mots Découverts qui a accompagné et suivi l'écriture de ce texte.

Le goût des ruines ou l'art d'accommoder les petits restes
Cette brume insensée où s’agitent des ombres, comment pourrais-je l’éclaircir ?
Raymond Queneau
Il s’agit dans ce projet de construire, sur la base de fragments, un texte et un spectacle poétiques en mesure de restituer l’imaginaire inhérent à toute tentative de retour à l’enfance. Pour autant, l’écriture textuelle n’est pas suffisante car dans cette démarche originale, il y a aussi la volonté de donner à voir et à entendre. C’est pourquoi, le texte est parfois envisagé comme synopsis pour la réalisation de vidéos, comme chanson, comme trame narrative, comme sous-titrage d’un clip …
Les premiers mots de ce texte invitent à un aller- retour, auquel est immédiatement indexée la question de l’identité. « Je suis née en Espagne, je suis française, mais je suis née en
Espagne »
La notion de trace ici introduite, est au cœur de l’écriture. Les lignes du texte comme ses suspensions révèlent peu à peu les contours d’une fiction autobiographique au plus près de l’architecture mentale du souvenir. Chaque étape permet d’avancer un peu plus dans l’écriture et, pour ne pas perdre le fil, suivre ce chemin pour toucher au but.

Le Cri - Un papillon dans la gorge
À l’origine de Le Cri - Un papillon dans la gorge, il y a un texte né d’un territoire, un jardin public qui a imposé sa langue. L’écriture se déploie en une série de tableaux, un paysage d’enfance saisi par les images, sons et odeurs qui donnent chair aux mots. Il n’y a ni souvenir précis ni nostalgie, mais un appel entendu par l’adulte, un relent d’enfance qui déclenche la rencontre et la naissance du texte. La narration se construit lentement, respectant le rythme fragile de l’enfant qui incarne la pièce pour la première fois. Chaque mot cherche à traduire un espace sensible – mental, sonore et organique – et à créer un lien entre mémoire, fiction et émotion. L’écriture épouse la singularité du plateau, la scénographie et le dispositif sonore pour faire émerger un monde fragmentaire et sensoriel. C’est une écriture attentive, patiente, où se dessinent l’intime, la perception et la résonance de l’enfance.